Les yeux parcourant la vitrine des téléphones mobiles, oscillants entre une recherche rationnelle et affective, mon regard en bout de course rencontre une laisse et vient mourir sur un canidé de petite taille

Sa robe principalement blanc sale jusqu'à un gris aux extrémités sublimait de gros frisottis inégaux dont aspect négligé qui ne pouvait passer inaperçu dénotait un désintérêt total du propriétaire envers son animal.

Outre la rosacée de sa peau qui était visible au travers de son pelage, ce qui me surprit après quelques secondes d'observation, fut son calme.

Ce chien avec une allure désabusée comme s'il avait conscience de son apparence restait immobile. La vie en suspend, imperméable au temps, le museau à quelques dizaines de centimètres du mur rien n'aurait su l'ébranler.

Parfois, un coup sur la laisse le faisait déplacer de quelques décimètres sans même aller jusqu'à tendre la laisse

La Veulerie a son paroxysme, anorexique de la vie, rien de mortel ne se dégageait de ce petit être qu'on aurait pu penser avoir été la victime d'un taxidermiste déprimé.

Je me demandai bientôt si l'attention portée à ce non-événement n'était pas là le signe d'un ennui profond